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Née en 1809, Esther Blondin est à 22 ans toujours analphabète, comme la majorité de ses contemporains. Consciente du drame de l'ignorance, elle entreprend son instruction auprès des surs de la congrégation de Notre-Dame, fondée par Marguerite Bourgeoys. Suivant les traces de cette pionnière, elle inaugure en 1850 la communauté des Filles de Sainte-Anne (aujourd'hui, les Surs de Sainte-Anne) afin d'instruire la jeunesse dans des écoles mixtes, une initiative controversée dans son milieu. Elle prend alors nom de sur Marie-Anne.
C'est donc sous son impulsion que les religieuses entament leur mission d'enseignement à une époque où 80 % de la population rurale canadienne française souffre d'illettrisme. Mais quand, en septembre 1861, Villa Anna voit le jour dans le vieux Manoir Simpson, sur Marie Anne n'est plus supérieure de la Communauté. Ses relations avec certains membres du clergé l'ont reléguée à de modestes rôles. C'est donc mère Marie Jeanne-de-Chantal qui signera l'acte d'achat par lequel est cédée aux Surs, contre 2000 louis (8000 $), cette résidence du défunt Gouverneur de la Compagnie de la Baie d'Hudson.