Historique du Collège Sainte-Anne

Évoquer l'histoire du Collège Sainte-Anne de Lachine, c'est au point de départ la situer au printemps du rêve d'une femme exceptionnelle, Esther Blondin, la fondatrice des Surs de Sainte-Anne. Québécoise, femme du terroir, elle est sensibilisée par la situation pitoyable des écoles rurales, et c'est pour combler ce vide qu'elle fonde à Vaudreuil une communauté d'éducatrices dont la mission principale est d'instruire la jeunesse et de la former intégralement.

La Congrégation des Surs de Sainte-Anne
Parcourir l'histoire du Collège Sainte-Anne, c'est donc creuser son passé plus que séculaire pour découvrir le trésor de l'héritage transmis, c'est suivre la longue veine de vie qui l'a alimentée depuis 1861, c'est encore identifier l'inspiration initiale marquée par l'audace de ses pionnières, c'est aussi croire et témoigner d'une présence enfouie au sous-sol du Manoir Simpson, celle de Mère Marie-Anne, présence rayonnante, présence qui n'a cessé à travers le temps d'habiter et d'orienter cette auguste institution dont la devise, « SAVOIR POUR MIEUX FAIRE », campe bien sa mission éducative à travers les ans.
1861
Une triple coïncidence préside à l'arrivée des Surs de Sainte-Anne à Lachine où une agglomération, blottie à l'entrée du canal, s'apprête à s'urbaniser : d'une part, la préoccupation du curé Piché d'établir près de la future église des Saints-Anges une école de jeunes filles et, d'autre part, le désir ferme de Monseigneur Ignace Bourget de rapprocher la Maison mère des Surs de Sainte-Anne de sa ville épiscopale à cause des difficultés des voies de communication entre Montréal et la localité de Saint-Jacques de Montcalm. Ces deux volontés trouvent en février 1861 un lieu de convergence dans la mise en vente du Manoir Simpson, résidence du Gouverneur de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Les démarches d'achat sont rapidement entreprises et le 20 février, la supérieure générale, Sur Marie Jeanne-de-Chantal, signe l'acte d'achat pour la somme de 2000 louis, c'est-à-dire 8 000,00 $. Sans ressources mais audacieuses, les Surs de Sainte-Anne prennent possession du manoir. Cette maison seigneuriale, construite en pierres de taille, évoque par son style colonial l'image d'un temple grec. Le terrain des plus plantureux comprend également d'autres dépendances, dont le hangar de pierres bâti en 1803 au bord du petit canal.
Le 1er mai 1861, les Surs prennent possession du Manoir. Un protocole à l'étiquette anglaise pour la remise de la clé marque cet événement. Ce geste originel scellera la « clé » d'une symbolique qui n'a cessé de croître au fil des ans et qui a consacré le dernier logo du Collège en 1995. Par prudence, vu les difficultés financières, Monseigneur Bourget n'autorise que l'ouverture du pensionnat et diffère le transfert à Lachine de la Maison mère et du noviciat. Les inscriptions se multiplient et, le 2 septembre 1861, Villa Anna ouvre large ses portes pour accueillir 68 élèves dont 51 sont des résidentes de Lachine et une vingtaine d'entre elles se présentent comme pensionnaires. Dès cette première année, un cours bilingue est offert.
Pour les pionnières de Lachine débute une vie tissée de travail et de privations:
- 6 à 8 heures par jour consacrées à l'enseignement
- Suppléance à la main-d'uvre pour restreindre les dépenses
- Peinture des plafonds et des boiseries
- Pose de tapisserie sur les murs des salles
- Confection sur place de tables et de bancs
- Paillasses remplies de feuilles de blé d'Inde pour le repos
- Refuge dans le grenier du hangar de pierres où circule le vent et où le froid est tel qu'une sur est chargée de border à tour de rôle les lits de ses compagnes.
- Bûches retenant les couvertures soulevées par les courants d'air
L'humour cependant cache bien la situation des religieuses puisqu'elles annoncent joyeusement chaque soir qu'elles traversent le chemin du Roi et se rendent à l'hôtel Ottawa.
Quel contraste avec la vie facile et joyeuse, les fêtes et le faste de l'ex-manoir, ce qui a provoqué cette affirmation que « dès l'arrivée des surs, le manoir était habité par dame Pauvreté ». C'est l'audace qui a bâti cette uvre dès les débuts de sa fondation! Présente dans le rêve de la fondatrice, elle a inspiré le Curé Piché, elle a dirigé Sur Marie Jeanne-de-Chantal et soutenu les pionnières de Villa Anna. C'est cette même audace qui habite encore aujourd'hui le cur de ses dirigeants.
1864
La vie à Villa Anna a vu le jour, elle appelle la croissance. Les inscriptions augmentent à tel point que le manoir devient insuffisant. Malgré un constant problème financier, l'audace se fait toujours présente et commande de construire. Le courage sait lui faire écho.
Bâtie à l'est du manoir, la première annexe sortira des pierres extraites du canal grâce à l'autorisation de Monsieur le député Tassé. Elle sera terminée en septembre 1864. Ses dimensions de 110 pieds par 60 offriront aux jeunes l'espace et le confort désirés. Quant au manoir, à l'exception du dortoir, il se vide de la gent écolière pour accueillir la maison mère et le noviciat Sainte-Anne. Le conseil majeur et 13 professes s'y installent à la mi-septembre. Suivront le 17 octobre le personnel du noviciat et des religieuses professes, dont Mère Marie-Anne. Celle-ci n'y exercera que des fonctions effacées, mais elle étendra son ombre sur les projets de Villa Anna comme pour mieux leur permettre de se préparer à l'éclatement de leur vitalité. Portière, sacristine, robière, lingère, infirmière, pharmacienne, catéchète des premières communiantes, elle côtoiera les jeunes sans que celles-ci sachent son identité de fondatrice. Elle a circulé dans les murs de Villa Anna et nul ne peut douter que sa présence se perpétue, que son rayonnement perdure. Chaque jour, elle invoquait sainte Anne pour obtenir le don de l'enseignement pour ses filles formatrices de la jeunesse.
Pour les nouvelles surs et pour les candidates, les conditions matérielles demeurent austères. Le pain apparaît sur les tables en quantité suffisante mais les mets plus recherchés sont absents. La manne quotidienne s'identifie souvent à la citrouille, aux trois repas, mais différemment apprêtée.
Déjà, après quelques années d'existence, certains traits particuliers se dessinent dans l'uvre éducative de Villa Anna, qui se classe dès le début parmi les meilleures maisons d'enseignement régionales pour filles :
- À chaque début d'année scolaire s'inscrit une retraite de trois jours pour raviver les bonnes dispositions des élèves;
- Le programme d'études est bien établi;
- Les titulaires de classe, formées à Saint-Jacques par M. l'abbé Louis-Adolphe Maréchal, voient consciencieusement à son application;
- La Direction exerce un contrôle qui soutient les efforts et prévient les échecs éventuels;
- Plusieurs implications pieuses sont offertes aux élèves et de nombreux moyens d'émulation viennent stimuler les progrès et les réussites : banque de bons points, lecture de notes, bulletins de conduite et de succès, examens publics, clôture officielle de fin d'année devant une assistance nombreuse présentée avec beaucoup de solennité pour reconnaître et célébrer le vécu positif des jeunes;
- Des expositions de travaux d'un fini remarquable suscitent l'attention des visiteurs : tricots à l'aiguille, broderies, dessins, peinture, musique, confection d'articles avec des cheveux humains selon une technique unique propre à Villa Anna;
- La première distribution de bulletins a lieu en janvier 1862. Ces séances de sanctions sont toujours empreintes de bienveillance et à travers une discipline forte, voire autoritaire, le bonheur et le mieux-être des élèves étaient prioritaires.
- L'esprit inventif était sans cesse présent pour créer des récréations exceptionnelles; concerts, veillées, voyages en bateau, promenades, glissades, parties de cabane à sucre, cueillette de pommes, décorations des locaux...
- À ces caractéristiques s'ajoutent l'accueil d'élèves de confessionnalités non catholiques et l'incitation à l'apostolat social par la confection de vêtements pour les pauvres, par l'organisation de fêtes pour des enfants moins favorisés.
1866
Deux ans plus tard, à l'arrière du manoir s'ajoutera une chapelle sans fondation dénommée « la chapelle de papier ». C'est Mère Marie-Anne elle-même qui assurera la tâche de recouvrir de papier peint les briques des murs. Achevée en 1869, elle acquerra un orgue et un tableau de Sainte-Anne commandé par le curé Piché, peint à Rome par l'artiste Antonelli Zappulito. Il se trouve, depuis juillet 1977, dans le jubé du Sanctuaire Sainte-Anne, du côté du couvent.
1873
Le problème du logement s'aggrave et, pour y répondre, une annexe de 125 pieds par 50 et un excédent de 20 pieds par 50 à l'ouest du manoir sont inaugurés pour mieux desservir le noviciat et la maison mère. Ce couvent, bâti également avec les pierres du canal, marquera une phase plus réconfortante pour les surs et les élèves. Une ère de progrès s'amorce pour Villa Anna.
De nombreuses améliorations sont apportées :
- Le bois de merisier et d'érable succède au bois mou des débuts;
- L'électricité remplace avantageusement le pétrole et le gaz acétylène;
- Les stores et les moustiquaires supplantent les jalousies des premières années;
- Un appareil de Bell complète l'audiophone;
- En 1890, l'eau de l'aqueduc circulera dans le pensionnat qui acquerra ses propres conduits;
- Le secrétariat s'enrichit d'une autocopie à la gélatine;
- En 1899, la clôture de planches sera remplacée par l'actuelle muraille de pierres.
1876
En réponse à un désir de simplicité de la part de Monseigneur Fabre, nouvel Ordinaire de Montréal, l'appellation de Villa Anna cède sa place à celle de Pensionnat Sainte-Anne de Lachine.
1877
Le premier conventum au Pensionnat regroupe 42 anciennes qui se donnent rendez-vous pour fêter Sur Marie-Hélène, titulaire de la première classe anglaise. Jusqu'en 1877, ce furent les diplômes de l'Institut, les diplômes modèles, les diplômes académiques qui couronnèrent les efforts des élèves de Villa Anna et qui les qualifièrent même pour l'enseignement dans les écoles du Québec.
1888
Le projet de construction d'une chapelle se réalisera en réponse aux diverses organisations (plus de 16 000 billets d'affiliation à l'uvre de la construction du Sanctuaire Sainte-Anne), grâce au concours des paroissiens qui organisent à nouveau une corvée pour charroyer les pierres du canal, compte tenu du succès des concerts, bazars, conférences et des dons particuliers qui amènent des fonds. Elle sera assez vaste pour accueillir tout le personnel de la Maison mère, du noviciat et du pensionnat. Ne répondant plus aux besoins, le vieux Manoir disparaîtra pour faire place au Sanctuaire.
Le 26 juillet 1888, c'est la bénédiction de la pierre angulaire qui est frappée du traditionnel coup de marteau pendant que la fanfare de Lachine s'exécute sur les estrades extérieures. Un an plus tard, des grues géantes élèvent entre les deux tourelles la statue de Sainte-Anne haute de 9 pieds et pesant 1200 livres. Le dôme s'élève majestueux, il deviendra dans le temps le symbole des valeurs spirituelles de cette institution.
En même temps que la construction du Sanctuaire, le pensionnat, de son côté, double sa superficie par l'addition d'une 3e annexe prolongeant le côté « est ».
1890-95
Les travaux intérieurs du Sanctuaire sont arrêtés en 1889. Malgré l'inachèvement, la messe de minuit y sera célébrée. Le tableau de Sainte-Anne, uvre de Sur Marie-Arsène, surmonte le maître-autel, ceux de la Vierge et de Saint-Joseph dominent les autels latéraux.
C'est à cette occasion que la fondatrice Mère Marie-Anne prit froid et fut atteinte d'une pneumonie qui devait la terrasser le 2 janvier 1890. Le premier service funèbre, célébré dans la nouvelle chapelle, fut le sien. Sa mort n'est pas une séparation car, dans les murs du pensionnat, elle demeure toujours vivante. L'arbre a grandi et grâce à elle, il est touffu de feuilles et de fruits.
La fête de Sainte-Anne de 1895 est toute désignée pour l'inauguration officielle du Sanctuaire qui lui est dédié. Des compléments s'ajoutent au cours des ans pour embellir la chère chapelle : la balustrade en cuivre doré, la table de communion en chêne poli (1900), la réduction des degrés de la table de communion (1920), un nouveau vestibule facilitant l'accès au Sanctuaire par l'extérieur (1941).
De style baroque dit jésuitique, décoré de blanc et d'or, il nourrit l'orgueil des Surs de Sainte-Anne et revêt pour chacune d'elles une charge affective filiale bien spéciale.
1892 - 1941
La vie du pensionnat Sainte-Anne est tissée de nombreux événements, il nous suffit d'en glaner quelques-uns pour y découvrir quelle vitalité l'habite.
Lors de sa participation en 1892 à l'Exposition colombienne de Chicago, à l'occasion du 4e centenaire de la découverte de l'Amérique, l'excellence des travaux d'élèves attire l'attention des juges et mérite une médaille de bronze, un diplôme et une mention laudative. Dans un journal de l'époque, une référence élogieuse peut se lire : «Les Surs de Sainte-Anne ont certainement le système le mieux coordonné... créé par elles, il est un des plus complets au monde ».
L'année 1900 amène l'inscription des élèves à l'Exposition universelle de Paris. Le jury international décerne alors un diplôme pour l'excellence des travaux exposés. Celui-ci se trouve actuellement au musée communautaire du couvent de Lachine.
L'inauguration de la cour de récréation située dans le quadrilatère 12e Avenue, Saint-Joseph, 11e Avenue et Saint-Louis a lieu en 1899 et son pavage partiel ne se réalisera qu'en 1929. Le 13 mai 1900, une statue de Notre-Dame de Lourdes sise aujourd'hui devant le Complexe y était installée au milieu d'un lac artificiel à cinq jets d'eau.
1906 marque l'apparition de la revue « EN FAMILLE » publiée durant 9 ans et nouant les liens entre les élèves actuelles et les anciennes.
1911 souligne le jubilé d'or du pensionnat et fait paraître un « coin de ciel bleu » à l'extrémité du corridor du 2e étage; il sera propulsé de quelques pieds avec la 4e annexe à venir.
1916 indique un nouvel essor au pensionnat. La fondation du cours de Lettres Sciences l'affilie à l'Université de Montréal et le soumet à de nouvelles exigences qui profiteront aux élèves et aux surs enseignantes. C'est une invite au dépassement!
En 1927, le pensionnat acquiert la résidence du 1100 Saint-Joseph qui deviendra tour à tour résidence de l'aumônier des surs, maison provinciale et résidence des surs.
1929, le pensionnat bénéficiera pendant de longues années des avantages de la buanderie et de l'imprimerie communautaires organisées à l'arrière d'une nouvelle chaufferie annexée au vieux Couvent. Depuis 1909, la Maison mère s'est installée dans les spacieux locaux de la rue Provost.
1941 - 1960
Pour accueillir les élèves du Collège Marie-Anne fondé à Saint-Henri et celles de l'École de musique, une 4e annexe au pensionnat est construite aux abords de la 12e Avenue. Ces deux institutions indépendantes du pensionnat rayonneront sur sa vie culturelle et par la présentation plus fréquente de pièces classiques et de concerts de choix. Grâce à des cours réguliers de diction française et au dévouement des religieuses titulaires, les collégiennes et les élèves du pensionnat ont présenté avec de remarquables succès de nombreuses pièces théâtrales d'auteurs classiques et contemporains. En voici quelques exemples :
- Polyeuthe de Corneille
- Athalie et Esther de Racine
- Les Femmes savantes de Molière
- L'Enfant prodigue de l'abbé Barbier
- Marie-Antoinette
- La Fille du Sultan d'Henri Ghéon
- L'Enfant prodigue d'E. Morel
- Le Jeu de la voyagère de Rina Lasnier.
Aux cercles du « Bon parler français », aux séances de Dollard, à celles des Guides s'ajoutent, avec la venue du Collège Marie-Anne, des cercles littéraires, missiologiques et les débats des classes de philosophie.
Du côté musical, les concerts sont à l'honneur. Le premier inscrit en 1874 est rehaussé par la présence de la cantatrice Rose d'Érina qui interprète l'Ave Maria de Chérubini. Des représentations musicales se sont échelonnées annuellement depuis 1864. À partir de 1920, l'éventail est vaste : concerts de violon, de piano, de harpe, de chant, d'orgue (Paul Doyon en 1927). En 1938, les Sept Paroles du Christ de Dubois sont interprétées par une chorale de Valleyfield sous la direction de Monsieur Jean Charbonneau.
En 1958, le Collège Marie-Anne s'établit à Ahuntsic, ce qui permettra au Pensionnat Sainte-Anne d'offrir jusqu'en 1965 les classes de Belles-Lettres et de Rhétorique.
1960 - 1998
En 1960, l'imposante maison de pierre, le pensionnat Sainte-Anne, reçoit le titre d'honneur de Collège Sainte-Anne. C'est l'heure de la révolution tranquille, du rapport Parent, de la création du Ministère de l'Éducation, de l'avènement des CEGEP et donc du renouvellement du système scolaire. C'est aussi l'incorporation du Collège Sainte-Anne d'après les lettres patentes données par Élisabeth II et enregistrées le 9 mai 1960 par le sous-registraire de la province, Raymond Douville. Une nouvelle chartre sous la loi... verra le jour à l'été de 1998.
En 1968, le Collège signe un contrat d'association avec la Commission scolaire de Lachine, ce qui lui permet d'inscrire quelques garçons sur la liste de sa clientèle. L'année 1969 voit la fondation de l'Association des Parents du Collège Sainte-Anne (APCSA) et la création de l'Association Générale des Élèves du Collège Sainte-Anne (AGECSA). Cette date marque aussi la reconnaissance officielle du Collège « déclaré d'intérêt public » suite à une évaluation critérielle qui met en lumière l'excellence des services éducatifs offerts, la qualification du personnel et la contribution apportée par le Collège dans le développement de l'enseignement au Québec.
La loi 56 de l'enseignement privé instaure également les cinq années du cours secondaire et le phénomène de la flotte jaune des autobus scolaires apparaît et envahit la 12e Avenue. Tout ce mouvement de vie sculptera le visage moderne du Collège et lui taillera une place enviable dans le monde éducatif du Québec.
En 1972, l'internat disparaît et la résidence des religieuses est concentrée aux 5e et 6e étages, ce qui facilite des transformations et permet de doubler, voire de tripler, le nombre d'élèves sans cesse croissant. Les dortoirs des 4e et 5e étages sont transformés en locaux de classes, en laboratoires, en ateliers. Les chambres des 3e et 4e étages se métamorphosent en oratoire, en bureaux de travail, en salles d'enregistrement, en salles diverses au service de la vie étudiante (conseil étudiant, journal étudiant, génies en herbe...). Une baguette presque magique fait tomber les murs et surgir des locaux qui répondent aux besoins de l'heure.
En 1974, le 11 décembre, le feu se déclare au 1er étage dans l'aile construite en 1941 et ce, en relation avec des travaux de soudure. Malgré un froid sibérien, les élèves évacuent le Collège en moins de deux minutes. La fumée se propage par l'ascenseur aux 6 étages, mais des équipes travaillent 24 heures sur 24 pour nettoyer la suie déposée et pour permettre aux élèves, moins de trois jours plus tard, de réintégrer le Collège pour se préparer aux examens semestriels de décembre.
En 1978, la création de divers comités, suite à une longue réflexion, permet de fixer sur papier les principaux objectifs du Collège et d'écrire une ébauche du projet éducatif.
Dix ans plus tard, il sera repris et adapté à la nouvelle réalité de la mixité de la clientèle. Adopté en 1978, le nouveau costume des élèves rejette le noir austère des costumes d'antan et opte pour le bleu « cobalt ». Il inspire l'année suivante le nom du journal des élèves « La vie en bleu ». L'Association des parents fait paraître pendant plusieurs années le « Trait d'union » alors que la direction transmet hebdomadairement ses informations internes dans le « Format » et quelques années plus tard dans « Le Phare ».
1979 - 1985
En 1979, pour mieux réaliser l'éducation intégrale des élèves, le centre sportif Le Goéland émerge au milieu du parc et se veut invitation au dépassement selon l'uvre de J. Livingston. Parallèlement au développement des équipes sportives locales et inter-collégiales naissent des équipes à caractère culturel de génies en herbe, de pantologie, des clubs de lecture... L'expression dramatique et l'improvisation se tracent une place. Les années 80 ont vu renaître la célèbre « Fête des toges » d'abord dans le Sanctuaire Sainte-Anne puis, vu le nombre croissant des élèves finissants, à l'église des Saints-Anges, ainsi que des galas particuliers à chaque classe du cours.
En 1982, un service de cafétéria mieux adapté à une saine alimentation des élèves est offert et à l'occasion de l'année internationale de la jeunesse, une coquette salle à manger décorée en rose est mise à la disposition des élèves finissantes. 1982 voit démarrer l'application du nouveau régime pédagogique. Les locaux d'économie familiale, d'initiation à la technologie, à l'informatique se font une place au sein des murs du Collège.
Cependant, les ans ont pesé lourd sur les murs du Collège; il faut consolider les poutres et en poser de nouvelles, redresser les planchers de la partie nord du pavillon principal, les murs des corridors des 2e et 3e annexes, changer la circulation de l'eau des tuyaux et finalement dissimuler ces derniers au 1er étage au-dessus des casiers servant de vestiaires aux élèves. Des locaux sont relocalisés telle la bibliothèque, la salle du Conseil, celle de la pastorale; d'autres se transforment pour faire place aux nouvelles techniques : gestion financière et pédagogique informatisée, applications pédagogiques par ordinateur (APO).
1986
La vie du Collège Sainte-Anne est en pleine ébullition. Elle s'est nourrie d'une saine audace, elle s'est épanouie à l'ombre d'un effacement. En 1986, 1000 curs (915 élèves et quelque 85 membres du personnel) palpitent et font vibrer ses murs pour écrire à la suite des devancières et des élèves d'hier, la 125e page de son histoire.
En cette année de jubilation, le Collège célèbre la semence de 1861, la croissance de cet arbre plein de vie, débordant de promesses; il veut percer le mystère qui se dessine dans l'ombre toujours présente de Mère Marie-Anne, dans la fécondité de sa présence. 245 élèves participeront au spectacle « Un héritage... une vie... une promesse » et le répéteront 23 fois du 20 février à la fin de mai 1986.
« Le sixième sens ou l'uvre de Mère Marie-Anne » de J.A. Girard est reprise et présentée sur scène en avril 1986. Un concert le 11 février 1987 clôt officiellement ces célébrations et la messe télévisée à Radio-Canada le 29 mars 1987 se fera actions de grâce pour ces 125 années de croissance. Avec ces festivités, le sens de l'appartenance s'est grandement développé!
1988
Dès le 25 mai 1987, de nombreux arbres du parc tombent sous l'action de la scie pour permettre à un nouveau pavillon de s'élever. Le Pavillon Marie-Esther permet au rêve d'Esther de se réaliser par l'accueil des garçons en 1re et 2e secondaires.
Lieu d'arrimage des 1res secondaires, il facilite le passage du primaire au secondaire et offre, outre l'amphithéâtre, des salles de musique, un atelier de technologie, une salle d'informatique et des salles polyvalentes. Avec ce nouveau pavillon, la danse se trace une place d'honneur au curriculum du Collège ainsi que toutes les activités qui ont besoin de se déployer en spectacle.
1992
L'achat par la Congrégation des Surs de Sainte-Anne de la salle paroissiale désuète de Saint-Stephens permet au Collège de la rénover intégralement pour la transformer en un Centre culturel en la mémoire de feu Monsieur le Maire Guy Descary. Ce pavillon abrite une bibliothèque informatisée et climatisée, une salle d'Internet et une salle d'exposition.
Le départ des religieuses résidentes pour le Couvent s'effectue en 1993 et libère des locaux au 5e étage pour un laboratoire d'informatique, un atelier d'arts plastiques, des locaux de travail pour les enseignants, une salle d'amicale, des cubicules pour l'enseignement de la peinture et au 6e étage pour une salle polyvalente et des locaux d'archives plus sécuritaires. Aux étages inférieurs, la relocalisation et la décoration des locaux s'effectuent : le bureau de la direction générale, celui de la direction pédagogique, les locaux du secrétariat, la salle du Conseil, l'aménagement de la cafétéria, du parloir, etc.
1998
Une date historique vient marquer le départ de la dernière direction religieuse au Collège et la porte se ferme sur la présence des religieuses au sein du personnel. Le flambeau passe aux mains d'un directeur laïc qui assumera le lourd mais sublime défi de « faire grandir chez les jeunes la vie, la vérité et la liberté ».
1999
Après le verglas (encore lui!), Sur Jeannine Serres, alors directrice générale, a voulu vérifier si le pavillon central avait subi quelques conséquences fâcheuses. Cette vérification était d'autant plus judicieuse que d'inquiétantes fissures étaient apparues au 5e étage.
L'expertise a révélé deux dommages importants à la bâtisse : 1) le toit s'affaissait dans son extrémité; 2) cet affaissement entraînait un évasement des murs du 5e étage.
Une troisième faiblesse de l'édifice était aussi identifiée : les planchers de la face sud du pavillon central s'affaissaient également, comme cela avait été le cas pour les planchers de la face nord il y a une quinzaine d'années.
Comme toutes solutions ingénieuses, celles retenues pour corriger les trois maux dont souffrait le pavillon central étaient fort simples. Pour le toit, il suffisait de le renforcer. En ce qui à trait à l'évasement des murs, les attacher ensemble par des câbles d'acier réglait la situation. Enfin, pour corriger la faiblesse des planchers, un système de haubans faisait parfaitement l'affaire...
Les remèdes causent souvent des effets secondaires. Pour le Collège, ils furent importants. Renforcer le toit suppose de démolir complètement les murs des faces nord et sud de l'édifice, tant au 5e qu'au 6e étage.
Poser des câbles implique la démolition du plancher du 5e étage, en plein dans son milieu. Il faut donc « creuser » une trappe centrale longue de quelque 200 pieds. Quand on sait que le corridor du 5e étage n'est pas en ligne droite mais qu'il oblique à son extrémité ouest, ce n'est pas seulement le plancher qui doit être démoli mais aussi une partie importante des murs centraux.
Bref, c'est la presque totalité des 5e et 6e étages qui doit passer sous le pic du démolisseur! Et il faut reconstruire par la suite.
Quelle est la situation au Collège au moment de prendre les décisions qui s'imposent?
Le 6e étage sert essentiellement d'entrepôt, étant trop bas pour accueillir des groupes de personnes, sans compter que son aménagement date d'assez loin. Son usage est donc fort limité pour le Collège.
L'ensemble du 5e étage du pavillon central dispose d'un plafond assez bas, au point où il est inconfortable d'y séjourner, surtout aux temps chauds. Plusieurs locaux doivent s'accommoder de murs en pente, ce qui restreint leur aire de travail. Certains locaux sont même peu utilisés, compte tenu de la disparition des programmes d'études qui y étaient enseignés. En somme, un étage sous exploité mais au potentiel considérable, compte tenu des espaces disponibles.
Les 4e et 5e étages de l'aile bâtie en 1940 contiennent des locaux nombreux mais souvent exigus, peu utilisés, si ce n'est pour le rangement..
Trois grandes considérations ont présidé à la prise de décisions pour la reconstruction.
- Il est impérieux de renforcer la structure du pavillon central dont la première section date de 1864 et la seconde de 1888. Donc une considération STRUCTURALE.
- Il est aussi prioritaire de non seulement sauvegarder mais de mettre en valeur l'architecture remarquable de l'édifice. Donc une considération ARCHITECTURALE.
- Il faudrait également que cette vaste opération ne soit pas uniquement au profit de la charpente et des pierres mais qu'elle serve aussi aux personnes vivant dans le Collège, c'est à dire élèves et membres du personnel. Donc une considération PÉDAGOGIQUE.
Le Collège doit sortir plus fort, au sens structurel du terme, de cette réfection, mais il doit aussi en sortir grandi au plan pédagogique et architectural.
En tenant compte de tout ce qui précède, le Conseil d'administration du Collège a fait les choix suivants :
- Jumeler le 5e et le 6e étage du pavillon central pour obtenir une aire intéressante.
- Exploiter au maximum la trappe centrale pour y loger électricité et informatique.
- Loger les laboratoires d'informatique au 5e étage pour profiter de cette trappe centrale.
- Aménager une vaste salle d'étude pouvant accueillir plus de 200 élèves (pour un examen, par exemple), mais pouvant aussi servir à tout enseignant désireux d'y amener son groupe pour un projet où l'informatique est requis.
- Relocaliser 4 des locaux du 5e étage évincés par l'aménagement des laboratoires d'informatique et la salle d'étude : laboratoire de sciences physiques, laboratoire de biologie, atelier d'arts plastiques, la salle de l'amicale.
- Récupérer les locaux peu utilisés de l'aile 1940, au 4e et 5e étages.
- Aménager une salle de conférence fonctionnelle pour l'enseignement au Collège mais qui, jumelée avec l'amicale, servirait aussi à desservir les organismes situés dans l'environnement du Collège.
L'ensemble du projet a été découpé en 3 phases :
- La réfection de la toiture et la correction de l'évasement des murs du 5e étage (phase structurelle).
- La consolidation des planchers de toute la face sud du pavillon central, sur les 5 étages (phase structurelle).
- Le réaménagement des locaux, suite aux deux phases précédentes et aux orientations choisies (phase architecturale et pédagogique).
Pour la réalisation de ces 3 phases, le Collège a retenu les services de professionnels reconnus.
- L'architecte Louis Brillant, assistée de Joanna Rubin et Anne Bordeleau.
- Les ingénieurs de Nicolet, Chartrand, Knoll , Jacques Chartrand et Alain Déom,
- Dominic Mignona entrepreneur-architecte
- L'entrepreneur Décarel Construction, Robert Salico, Marco Rivalti, Michel Paquette
Une maquette permettant de mieux visualiser les travaux à entreprendre a été réalisée par la firme Louis Brillant, architecte.
Une série de consultations, tant dans le milieu qu'auprès de spécialistes, ont été menées du mois de septembre 1998 à la fin du mois de mai 1999.
Les travaux proprement dits ont débuté le 15 juin et pour cette occasion, puisque TOUT le Collège était en période d'examens, chacun des quelque 900 bureaux des élèves ont été placés au Centre sportif où ont eu lieu dans le calme et la « climatisation » les examens de juin 1999.
Les trois phases ont été réalisées parallèlement.
La phase 1 (correction à l'affaissement du toit et à l'évasement des murs) a causé de nombreux soucis, les particularités de l'édifice nécessitant des mesures toutes particulières.
La phase 2, celle concernant la consolidation des planchers, a sans doute été l'opération qui a produit le plus de poussière de toute l'existence du Collège! De nombreuses particules flottent encore dans l'air!
La phase 3, tributaire des deux premières, a dû elle aussi subir plusieurs modifications en cours de route.
Prévue pour le 27 août, la fin des travaux a été reportée à maintes reprises. En effet, plusieurs imprévus sont venus compliquer la tâche de la plupart des intervenants.
Ces circonstances ont forcé une rentrée plus tardive des enseignants et des élèves (une semaine plus tard) en plus de leur occasionner de nombreux désagréments pendant la réalisation des travaux (bruits, poussière, locaux non accessibles, etc.).
Il faut louer ici la compréhension et l'attitude remarquable des élèves et du personnel tout au cours du mois de septembre et en ce début du mois d'octobre.
Voyons maintenant les résultats de ces importants travaux de près de 2,5 millions de dollars.
La salle d'étude
Occupant entièrement l'aile construite en 1864, cette salle d'étude peut recevoir plus de 200 élèves.
On retrouvait auparavant dans cet espace, entre autres, les locaux d'économie familiale (art culinaire et couture), le laboratoire de sciences physiques, le laboratoire de biologie.
D'abord conçue pour accueillir plusieurs groupes pour des examens et pour des études, son usage sera beaucoup plus polyvalent.
Grâce à ses nombreux points de branchement intégrés au plancher, il est possible d'y brancher des ordinateurs à peu près partout.
Ainsi, 3 ou 4 classes différentes pourraient s'y retrouver pour faire des travaux spécifiques requerrant l'usage d'un ordinateur.
Des panneaux acoustiques seront éventuellement installés afin de fournir une plus grande intimité à ces divers groupes d'élèves.
La proximité des laboratoires d'informatique permettra le transport rapide des ordinateurs requis.
À noter dans cette salle d'étude :
- le magnifique clocheton qui s'élève à plusieurs pieds au dessus du sol;
- son architecture qui permet d'observer les structures originales des années 1864
- la luminosité de l'éclairage favorisée par les angles du toit
- les murs de pierres (issues du canal Lachine!) qui séparent l'aile de 1864 de celle de 1888
Les laboratoires d'informatique
Séparés de la salle d'étude par une aire de services (ascenseur, toilettes), les laboratoires d'informatique peuvent accueillir chacun une quarantaine de postes.
Au dessus de l'aire de services se trouve une salle mécanique pour loger les appareils de ventilation, de chauffage et de climatisation.
On retrouvait auparavant dans cet espace, entre autres, le laboratoire d'informatique, l'atelier d'arts plastiques, le salon de l'amicale.
À noter dans ces laboratoires :
- le magnifique corridor bordé par les murs de pierres des ailes 1864 et 1888 où l'on retrouve des planches de pin récupérées de l'édifice original
- le cubicule jouxtant les deux laboratoires qui est réservé aux appareils informatiques de pointe
- les murs de pierres, notamment celui du 2e laboratoire d'informatique
La nouvelle salle de l'amicale
Délogée de son ancien emplacement par les rénovations, la nouvelle salle de l'amicale voit sa vocation élargie, compte tenu de l'espace plus vaste qui lui est maintenant accordé.
Pouvant accueillir une quarantaine d'invités, cet espace se veut une salle de réception complète où des groupes pourront se réunir en tout confort.
On retrouvait auparavant dans cet espace des chambrettes devenues des locaux de rangement. Des cours de peinture y ont été organisés.
À noter dans cette salle :
- la vue superbe sur le lac Saint-Louis
- la cuisinette moderne et fonctionnelle
- les planchers de bois franc et d'ardoise
- la décoration de cette salle qui a permis de retrouver l'atmosphère chaleureuse de la salle originale.
La salle de conférence
Placée juste au dessous de la salle de l'amicale, sa localisation n'est pas le fruit du hasard puisqu'elle la complète. En effet, tout groupe qui y suivra une journée de perfectionnement n'aura qu'à « grimper » jusqu'à l'amicale pour les repas.
Pouvant accueillir soixante personnes, cette salle de conférence s'inspire des classes multimédias du nouveau pavillon des HEC de l'Université de Montréal.
Chaleureuse et confortable, cette salle est destinée aux projections, aux conférences, au travail individuel ou d'équipe.
Complètement équipée en audiovisuel, cette salle permet aussi à chaque participant de brancher son ordinateur.
La salle polyvalente située tout à côté permet de tenir des séances de travail en groupe ou tout simplement de servir le café.
On retrouvait auparavant dans cet espace des chambrettes devenues des locaux de rangement, des cubicules pour l'enseignement du piano et de la guitare. En outre, un mini-auditorium y a déjà été aménagé et succédait ainsi à la salle de cours de philosophie (1959)...
À noter dans cet espace :
- la vue superbe sur le lac Saint-Louis dans la salle polyvalente
- la disposition des bancs et tables, la décoration, les appareils audio-visuels
L'atelier d'arts plastiques
Volontairement placé à cet endroit, à cause de la luminosité des lieux, l'atelier d'arts plastiques jouit également d'un environnement extérieur favorisant l'expression artistique.
Ses vitrines de démonstration facilitent les expositions des uvres des élèves. Les participants aux conférences profiteront eux aussi de ces expositions...
L'aménagement du local est fonctionnel et veut faciliter la création.
On retrouvait auparavant dans cet espace des chambrettes devenues des locaux de rangement ou des locaux du genre Génies en herbe, Album des finissants, etc.
À noter dans cet atelier :
- la luminosité du local et de son environnement
- le corridor menant au local (le mur de pierre est fort attrayant). Ce corridor a été volontairement décentré pour offrir des locaux plus spacieux. En outre, la proximité des fenêtre favorise une luminosité accrue.
- l'éclairage qui projette à 60% vers le bas et 40% vers le haut (on retrouve d'ailleurs ce type d'éclairage dans la majorité des locaux rénovés).
Le laboratoire de sciences
Sa situation est tributaire du laboratoire de sciences du 3e étage. Tous ses services proviennent de ce laboratoire : alimentation en eau, gaz, électricité. Il a fallu percer de nombreux trous pour y amener ces services. Or le plancher est tout en béton...
Les postes de travail sont fonctionnels et chacun possède sa prise pour ordinateur.
Ce local servira tant aux élèves du premier que du deuxième cycle.
On retrouvait auparavant dans cet espace les locaux de l'audiovisuel, un oratoire, une salle de visionnement
À noter dans ce laboratoire :
- la ventilation
- les postes de travail équipés d'entrées d'eau, de gaz et d'informatique
- la proximité avec le laboratoire de biologie
Ces importants réaménagements furent inaugurés le 5 octobre 1999, en présence de plusieurs invités de marques, tant de la communauté lachinoise que celle des Surs de Sainte-Anne et du Collège Sainte-Anne.
Une autre grande réalisation de l'année 1999 vient lancer le Collège sur le chemin du 3e millénaire : la création d'un Centre d'activités du Collège Sainte-Anne, nommé CACSA, qui englobe le développement intégral de la personne et rejoint ainsi le projet éducatif du Collège, tout en permettant à plusieurs centaines d'élève de participer à quelque 60 activités différentes. Chaque année le Centre remet à chacun des élèves participants un magnifique certificat attestant des compétences acquises en cours d'année.
Grâce au CACSA, plusieurs équipes sportives surgissent (pensons tout particulièrement aux 2 équipes de football) ou renaissent (pensons notamment aux diverses équipes de basketball) et déjà elles se démarquent parmi les équipes du sport étudiant.
Les années 2000
Le Collège a souligné le nouveau millénaire en créant « La place du XXIIe siècle ». En effet, chaque foyer de cette année scolaire (1999-2000) a reçu la mission de recueillir des documents des années '90 (articles de journaux, de revues, photos, chansons, etc. etc.) et d'insérer ces documents dans un des coffrets de sûreté que le Collège a acheté de la Banque Nationale de Lachine. Ainsi, le ou vers le 1er janvier 2100, la direction générale du Collège ouvrira tous ces coffrets et à en diffusera le contenu auprès de la clientèle de cette époque. Ces coffrets sont situés à l'Agora du pavillon central, dans l'âtre de la cheminée!
Avec le nouveau millénaire ont surgi de nombreux projets permettant au Collège de s'adapter une fois de plus à sa clientèle et à ses besoins.
L'École du 3e millénaire, inaugurée le 25 septembre 2001, ouvre le champ des technologies de l'information grâce à ses 400 appareils disséminés partout dans l'établissement. Chaque élève possède sa carte à puce qui lui permet d'accéder à ses dossiers informatiques où qu'il soit dans le Collège, ce qu'il peut aussi réaliser de son domicile grâce à Internet. Le Collège fait alors figure de pionnier et devient un chef de file en application pédagogique de l'ordinateur, notamment par la mise en place de son portail éducatif.
Le programme DéfiMonde offre à des élèves qui le désirent et qui répondent aux exigences du programme la possibilité de faire un stage de 10 semaines en 5e secondaire, stage qui doit s'exercer dans une langue autre que le français et qui doit permettre à l'élève de faire montre de toutes les compétences acquises au cours des 4 années antérieures passées dans le programme DéfiMonde.
Le programme DéfiSports s'adresse aux élèves qui désirent recevoir une formation fondamentale en activité physique et en santé. Ce programme permet l'exploration de dizaines de disciplines sportives en plus de favoriser, en fin de parcours, la pratique plus spécialisée de certaines disciplines particulières.
Les concentrations de danse et de musique répondent aux besoins artistiques des élèves en leur permettant de pratiquer la discipline de leur choix au moins une fois par jour.
En parfaite continuité avec ce qui précède, voici un extrait de l'histoire du Collège :
En 1899 a lieu l'inauguration de la cour de récréation située dans le quadrilatère 12e avenue, 11e avenue, Saint-Louis, Saint-Joseph. Une statue de Notre-Dame de Lourdes y est installée au milieu d'un lac artificiel à cinq jets d'eau.
Exactement 105 ans après cette inauguration, une autre inauguration se tient en ces mêmes lieux le 7 octobre 2004. Les objectifs récréatifs y sont conservés et la présence de l'eau y est maintenue, quoi que d'une forme bien différente!
La continuité s'exprime encore dans les fêtes du 125e anniversaire du Collège célébrées en 1986. Il y a 18 ans, on évoquait « une promesse en devenir », c'est-à-dire la construction du pavillon Marie-Esther (qui fut effectivement réalisée en 1988). Ce pavillon devait à l'origine être doté d'une passerelle le reliant au pavillon sportif. C'est la fin de cette promesse (la construction d'une passerelle) que la nouvelle construction actualise en 2004.
Enfin, la continuité s'exprime aussi par la poursuite des objectifs fondamentaux du Collège où la pratique du sport, l'importance des activités artistiques, la place prépondérante de l'apprentissage trouvent des lieux tout neufs pour se développer davantage.
On sait que la devise du Collège est « Savoir pour mieux faire ». C'est pourquoi l'on répète constamment que le Collège Sainte-Anne est d'abord un lieu de savoir. Les poutres d'acier, les murs de gypses, les fils électriques ou électronique, les tuyaux de la nouvelle construction prennent leur réelle utilité parce qu'ils servent des projets éducatifs concrets pour les élèves actuels et futurs.
Le projet du nouveau Complexe érigé en 2004 s'appuie sur l'implication exemplaire des Surs de Sainte-Anne, sans qui ce projet n'aurait pu se réaliser.et sur l'implication unique de l'arrondissement de Lachine, devenu un partenaire très privilégié dans ce projet. Grâce à l'arrondissement, le Collège Sainte-Anne, avec cette construction, s'enracine encore davantage dans le milieu lachinois.
Voici le plus brièvement possible la description sommaire des principaux locaux du nouveau Complexe. Commençons d'abord par le hall d'entrée. Ce hall a été entièrement refait. Il offre une allure moderne tout en s'apparentant aux pavillons existant par le choix des couleurs et des matériaux. Vous remarquerez que l'on a conservé l'emblème du Goéland qui orne le mur de droite et qui rappelle que l'actuel complexe est posé sur les bases mêmes de l'ancien centre sportif.
Le deuxième local contient l'importante piscine semi-olympique et un bassin de natation réservé aux personnes âgées et aux tout jeunes enfants. Creusées à même le roc qui supportait l'ancien gymnase, ces deux piscines font maintenant l'orgueil du Collège et de la population de Lachine.
Suit la palestre de gymnastique réservée exclusivement à cette discipline sportive. La construction de ce local résulte de l'entente avec l'arrondissement et il vient réaliser le souhait depuis longtemps exprimé du Club Gymnitours de se doter d'un local à la mesure de son talent et de sa renommée. Ce local dispose des équipements les plus complets et les plus modernes.
Un autre local, fort imposant, répond à un besoin majeur du Collège des années 2000 : la cafétéria. En effet, le sous-sol d'un édifice de 1864 ne constitue pas l'endroit le plus approprié, avec son inévitable taux d'humidité, pour loger un tel service. C'est toute la question de la salubrité qui est ici en cause. De plus, au plan de la sécurité, deux éléments interviennent. D'abord, le sous-sol du pavillon central offre peu d'espace, tant en hauteur qu'en largeur. La circulation y est extrêmement réduite et non sécuritaire. Lorsque le Collège comptait quelques centaines d'élèves, cela pouvait aller. En 2004, avec son millier d'élèves et malgré les deux dîners, la situation est devenue fort précaire et à la limite de l'acceptable. Ensuite, la structure même du sous-sol du bâtiment principal pose un sérieux problème de sécurité quand on y loge une cafétéria. Exclusivement construite en bois, cette structure offre bien peu de protection contre la chaleur ou les émanations que peuvent dégager les accessoires de cuisine. C'est d'ailleurs pour cette raison que la direction du Collège a interdit jusqu'ici l'installation de tout appareil à frire. L'éventail des services aux élèves est ainsi fort limité.
Partenaire du Collège depuis plusieurs années, le groupe Compass a accepté de pousser plus loin sa collaboration. C'est ainsi que le concept de la nouvelle cafétéria est né. Logeant plus de 500 dîneurs, la nouvelle cafétéria sortie de son sous-sol d'origine, offre maintenant du haut de son 3e étage une vue imprenable du Lac Saint-Louis en plus de présenter un menu des plus diversifiés et d'excellente qualité.
Situé tout à côté de cette cafétéria, le salon du personnel veut offrir à ceux qui oeuvrent au Collège un endroit spacieux, confortable et chaleureux pour se retrouver pour les repas et la détente.
Le gymnase double jouxte la grande cafétéria. Il contient deux plateaux sportifs extrêmement bien équipés favorisant les compétitions sportives les plus exigeantes. L'infrastructure pour l'installation d'un éventuel mur d'escalade est déjà en place. De plus, une salle multiforme, parfaitement équipée, se situe à proximité du gymnase.
Un autre local, double lui aussi, mais logé sur deux étages différents, propose les deux studios de danse du Collège. Enfin, le Collège s'est doté de locaux de danse dignes de la qualité de l'enseignement de la danse qui s'y pratique.
La salle de musique complète les locaux artistiques du nouveau complexe. Cette salle s'ajoute à celle construite en 1988 au pavillon Marie-Esther. Ainsi, les cours et les concentrations de musique peuvent accéder à des locaux spacieux et convenablement équipés.
Le pavillon des finissants constitue le fleuron du nouveau complexe. En effet, le Collège étant d'abord un lieu de savoir, c'est tout l'apprentissage des élèves finissants que ce pavillon veut favoriser. Pavillon d'entrée au secondaire avec le pavillon Marie-Esther et pavillon de sortie, avec le nouveau complexe, nul doute que le Collège Sainte Anne se démarque en ce domaine.
Deux des nouveaux locaux ont la caractéristique de réunir les quatre pavillons du Collège. Ainsi, pour la première fois depuis 1988, il n'est plus nécessaire de s'habiller de pied en cap pour rejoindre un autre pavillon les journées d'hiver ou les journées maussades des autres saisons.
Ainsi, le tunnel qui relie le pavillon central au nouveau Complexe passe directement sous la 12e avenue, en partant de l'Agora. L'autre lieu d'unification, la passerelle, relie le Complexe au pavillon Marie-Esther. Cette passerelle est située au 3e étage du Complexe et longe le gymnase double. Notons aussi qu'il est possible de rejoindre la bibliothèque.via l'immense escalier qui relie celle-ci avec la nouvelle cafétéria.
L'on doit le nouveau Complexe aux artisans suivants :
- L'architecte : André Bessette
- L'ingénieur : Renaud Lapointe
- L'entrepreneur : Vergo Construction (Claude et Jocelyn Huot)
- Les trois consultants spécialisés : Lyne Côté (hall d'entrée et pavillon des finissants) ; Robert Quesnel (cafétéria); Daniel Brûlé (piscine et bassin).
Bientôt 150 ans...
Par la vision de sa direction, le Collège voit loin... « Il regarde le fleuve » et ses fenêtres sont ouvertes sur le monde de l'avenir. Il a traversé le temps par des chemins parfois arides mais toujours en convergence montante pour le bien-être de ses jeunes et adaptés aux exigences du 21e siècle pour leur éducation intégrale. Il est né d'un rêve, sa vitalité est et sera toujours le fruit d'un leadership de vision et d'une saine passion. Tourner les pages de son parcours, c'est admettre que la vie y circule abondamment, qu'il a buriné une merveilleuse histoire d'amour !
Collège Sainte-Anne, que ta vie soit sans fin!
